DDPPAuditPMSHACCP

Contrôle DDPP en fromagerie fermière : comment préparer l'audit en 10 min

Ce que vérifie un inspecteur DDPP chez un fromager fermier : PMS, registres, analyses, nettoyage, formations. Liste exhaustive + checklist + sanctions encourues.

Équipe Fromageo
8 avril 2026
10 min de lecture

La DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) est l'autorité française de contrôle sanitaire de toute entreprise du secteur alimentaire, y compris les fromagers fermiers bénéficiant d'un agrément CE ou d'une dispense. Les inspections interviennent en général tous les 1 à 5 ans selon le profil de risque de l'atelier (le fromage au lait cru, fortement classé, est plutôt inspecté tous les 18 à 36 mois).

Un contrôle DDPP peut être programmé (rendez-vous fixé) ou inopiné. Dans les deux cas, l'inspecteur dispose d'un pouvoir d'accès sans limitation aux locaux, registres et documents. Il rédige un rapport à l'issue de la visite avec une grille de notation A à D. Les sanctions possibles vont du simple courrier de suivi à la fermeture administrative du site, en passant par des procès-verbaux avec amendes.

Ce que contrôle réellement l'inspecteur

La grille d'inspection officielle (modèle DGAL) couvre six grandes rubriques. Les fromagers fermiers sont évalués sur chacune d'elles.

1. Le Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS)

Obligation issue du règlement CE 852/2004. Le PMS est le document-clé : c'est lui qui démontre que vous maîtrisez votre sécurité sanitaire. L'inspecteur demande presque systématiquement à le voir et vérifie qu'il est :

  • À jour (dernière révision < 12 mois)
  • Adapté à votre activité réelle (pas un copier-coller téléchargé)
  • Signé par le responsable d'atelier
  • Articulé en trois volets : BPH (Bonnes Pratiques d'Hygiène), HACCP, traçabilité

2. Les registres de traçabilité

Règlement CE 178/2002. L'inspecteur peut demander à reconstituer en séance la traçabilité d'un fromage au hasard : de la cuve de lait au client final. Il vérifie :

  • Registre d'entrée du lait (collectes, volumes, températures, acidité)
  • Registre des productions (numéro de lot, volume, date de fabrication, DDM)
  • Registre des expéditions (clients B2B, quantités, numéros de lot)
  • Cohérence des numéros de lot : le fromage dans le frigo porte le même lot que sur le registre

3. Les autocontrôles microbiologiques

Obligation du règlement CE 2073/2005 modifié. Pour un fromage au lait cru, les critères de sécurité sanitaire à contrôler sont a minima :

  • Listeria monocytogenes (absence dans 25 g pour les fromages à croûte, < 100 UFC/g pour les fromages à pH > 5,0)
  • Escherichia coli STEC (surtout sérotypes O157, O26, O111, O103, O145)
  • Salmonella (absence dans 25 g)
  • Staphylococcus aureus à coagulase positive (< 100 000 UFC/g tolérés selon arrêté)

La fréquence dépend du volume et du type de production. En général, le plan d'autocontrôle prévoit 1 à 12 analyses par an par type de produit. Les résultats doivent être conservés 3 ans.

4. Le nettoyage et désinfection

L'inspecteur regarde visuellement l'état des locaux, des équipements et des sols. Il vérifie que vous disposez :

  • D'un plan de nettoyage-désinfection (PND) écrit, par zone
  • De fiches techniques des produits utilisés (détergent, désinfectant, avec AMM)
  • D'un registre de nettoyage signé quotidiennement ou après chaque production
  • De contrôles visuels ou de surface (écouvillons, boîtes de Petri) périodiques

5. La formation du personnel

Arrêté du 5 octobre 2011 et règlement 852/2004 annexe II chap. XII. Toute personne manipulant les denrées doit avoir reçu une formation en hygiène alimentaire. Pour un fromager fermier seul, c'est vous-même. En cas de personnel :

  • Attestation de formation hygiène initiale (souvent 14 heures)
  • Recyclage régulier (toutes les 2 à 3 ans recommandé)
  • Fiches de poste signées
  • Procédure en cas d'apparition de maladie ou lésion cutanée

6. L'agrément et les mentions légales

Arrêté du 8 juin 2006 relatif à l'agrément sanitaire des établissements. Si vous vendez à des intermédiaires (restaurateurs, détaillants, crémiers), vous devez disposer d'un agrément CE (estampille ovale) ou d'une dispense d'agrément si les quantités restent sous les seuils réglementaires (le tonnage varie selon le type de produit, se renseigner auprès de sa DDPP départementale).

Gagnez du temps sur votre gestion quotidienne — essayez Fromageo gratuitement.

Commencer l'essai gratuit

La checklist avant une visite DDPP

Ce qu'il faut avoir immédiatement sous la main pour ne pas paniquer quand l'inspecteur arrive :

  1. PMS signé et à jour dans un classeur physique accessible
  2. Registre d'entrée du lait des 6 derniers mois
  3. Registre des productions des 6 derniers mois avec numéros de lot
  4. Registre des expéditions B2B (si applicable)
  5. Derniers résultats d'analyses microbiologiques (avec accusé réception labo agréé)
  6. Plan de nettoyage-désinfection + dernier registre signé
  7. Fiches techniques des produits d'entretien (avec AMM)
  8. Attestation de formation hygiène du personnel
  9. Fiche d'enregistrement d'agrément CE ou de dispense
  10. Procédures de retrait-rappel et registre de crise si applicable
  11. Suivi des températures des chambres froides et hâloirs (enregistreurs continus ou relevés manuels)
  12. Plan de lutte contre les nuisibles (contrat avec prestataire ou registre interne)

Les sanctions possibles selon la gravité

Niveau A — Conforme

Rapport classé, pas de suite. Prochaine visite dans 2 à 5 ans.

Niveau B — Acceptable avec rappels

Courrier de rappel à la réglementation. Délai pour mise en conformité (souvent 1 à 3 mois). Prochaine visite avancée à 12-24 mois.

Niveau C — Non conforme

Mise en demeure écrite. Obligation de réponse formelle avec plan de mise en conformité. Possible procès-verbal selon la nature des manquements. Prochaine visite de contrôle < 12 mois.

Niveau D — Non-conformité majeure

Fermeture administrative possible (article L233-2 du code rural). Retrait ou suspension d'agrément CE. Procès-verbal transmis au procureur. Dans les cas les plus graves (contamination avérée, non-déclaration de TIAC), sanctions pénales jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.

Les 5 oublis administratifs les plus fréquents

D'après les retours des ANFF régionales et de la FNEC (Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres), les non-conformités les plus relevées sont :

  • PMS non révisé depuis plus de 2 ans
  • Registre de nettoyage à trous (jours non signés)
  • Absence d'enregistrement continu des températures (ou enregistreur défaillant)
  • Numéros de lot incohérents entre étiquettes et registres de production
  • Plan d'autocontrôle microbiologique non suivi (analyses oubliées certaines années)

Aucun de ces manquements n'est un problème sanitaire réel — mais ils peuvent tous se traduire par un niveau C ou D. C'est la paperasse qui coule les fromagers, pas la sécurité du produit.

Comment préparer sa visite en 10 minutes

Avec un système numérique bien configuré, voici ce que vous devriez pouvoir faire en moins de 10 minutes quand l'inspecteur arrive :

  1. Exporter un PDF du PMS à jour
  2. Sortir la traçabilité complète d'un lot (lait → production → expéditions) en un clic
  3. Présenter le registre de nettoyage signé des 30 derniers jours
  4. Montrer les résultats d'analyses du trimestre
  5. Exporter le relevé de températures des chambres froides

C'est précisément la promesse de Fromageo. Tous les registres sont centralisés, horodatés, signés numériquement, et un export PDF « dossier DDPP complet » est disponible en un clic. Finies les nuits blanches avant une visite.

Prenez de l'avance sur votre prochain contrôle DDPP — essayez Fromageo gratuitement.

Commencer l'essai gratuit

Prêt à tester Fromageo dans votre atelier ?

30 jours d'essai gratuit, sans carte bancaire. Traçabilité, HACCP, étiquetage INCO, préparation DDPP, facture électronique — tout est prêt à l'emploi.